Comment préparer son concours d’éloquence?

Les concours d’éloquence sont une aubaine pour l’orateur qui souhaite progresser rapidement. Pour faire un maximum de progrès et mettre toutes les chances de votre côté, je vous propose un brin de méthode et quelques « rituels » à mettre en place. Bonne nouvelle: c’est très simple, sur un temps limité, et vous y prendrez beaucoup de plaisir.

Attention ! Votre inscription au concours d’éloquence que vous guettiez depuis des mois vient d’être confirmée. Et le sujet pour les qualifications vient d’arriver dans votre boite mail : « ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort ».Vous avez une semaine pour le préparer. Que faire? Par où commencer ? Voici quelques conseils.

Profiter de chaque jours impartis 

C’est la règle la plus importante pour progresser et offrir une superbe prestation dans un concours. Pour bien préparer son sujet, il faut prendre du temps. Si l’on vous donne une semaine de préparation, vous devez commencer au plus vite, tout de suite si possible ! Plus vous commencerez tôt, plus vous pourrez prendre du recul sur votre sujet, peaufiner votre texte, le répéter et le mémoriser.

Chaque jour nous nous réveillons avec une concentration et une attention nouvelles. Profitez-en pour relire ce que vous aviez écrit la veille avec un œil neuf. La plupart du temps vous serez déçu de ce que vous trouviez génial un jour avant. Votre texte vous paraitra quelconque et c’est normal ! Vous aurez pris du recul sur votre travail et vous verrez ses imperfections. 

Chaque jour, pendant une semaine, cela doit être votre petit rituel : relire, réécrire quelques phrases, remplacer quelques mots, parfaire une formulation et répéter. C’est sans doute ce qui vous démarquera des autres.  

Suivre un plan de travail précis 

Alors vous me direz : « c’est bien beau d’avoir du temps mais concrètement on fait quoi ? ». Excellente question ! Quand vous recevez votre sujet, il va falloir vous organiser. Et c’est extrêmement simple. Voici une proposition que pourrez suivre et adapter à vos préférences.  

  1. Découvrir votre sujet. 

Un sujet d’éloquence est soit compliqué, soit faussement simple. Il s’agit souvent d’une citation, d’un dicton ou d’un jeu de mots. Vous devez d’abord questionner votre sujet car il peut avoir plusieurs sens. Pour cela, les moteurs de recherche sont vos amis. 

Allez chercher la définition de chacun des mots du sujet, tapez-le directement dans la barre de recherche, allez voir s’il s’agit d’une citation, de quel personnage celle-ci provient, etc. Vous devez d’abord, pendant trente minutes ou une heure, prendre le temps de comprendre votre sujet.

  1. Chercher des idées pour défendre votre sujet

Une fois que vous avez compris votre sujet, vous devez être d’accord avec lui et vous persuader qu’il dit vrai. Si le sujet est « ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort », soyez d’accord avec ça à 1000%. 

Maintenant, écrivez toutes vos idées.  Donnez les arguments que vous utiliseriez pour convaincre quelqu’un. Cherchez des exemples de personnes qui sont devenues plus fortes en affrontant des épreuves difficiles. Tout ce qui vous vient à l’esprit et qui valide l’idée du sujet.

Ne l’oubliez pas, un orateur est là pour porter une idée, pour la défendre, pour convaincre son auditoire qu’elle est une vérité absolue.

  1. Donner forme au discours

Vous avez maintenant bien compris votre sujet, vous avez écrit vos explications pour le défendre et vous avez trouvé des citations d’auteurs, acteurs, chanteurs ou rappeurs qui sont d’accord avec lui. 

 Vient alors le moment de donner une forme à tout ça : 

  • Il vous faut une intro courte, de quelques secondes : 

C’est la partie la plus importante de votre discours. Votre introduction doit immédiatement marquer le jury et le public. Vous devez trouver quelque chose de génial car c’est votre intro qui donnera envie de vous écouter jusqu’au bout et restera gravée dans la mémoire des gens. Un bon conseil : trouvez une citation ou une histoire qui fait rire, qui étonne, qui interpelle et qui, surtout, vous permet d’amener votre sujet.  Si vous n’avez vraiment pas d’idée, vous pouvez simplement commencer en citant votre sujet, mais cela est un peu moins original.

Votre introduction ne doit pas durer plus d’1/6 du temps qui vous est imparti, soit un maximum de 30 secondes si vous avez 3 minutes de temps de parole, 1 minutes si vous avez 6 minutes.

Attention ! Vous devez toujours éviter ce type d’introduction : « Hier en écrivant mon texte je me suis dit mais qu’est-ce que je vais bien pouvoir dire ? » ou encore « Actuellement je suis devant vous, j’ai peur mais je suis fier car j’ai le courage d’être là et c’est une belle expérience… ». Vous devez introduire et parler de votre sujet, pas de votre ressenti vis-à-vis de votre prise de parole.

  • Un développement qui défend votre sujet en mêlant théorie et exemples : votre intro a permis de gagner l’attention du public et de lui faire comprendre de quoi vous alliez parler. Maintenant il faut expliquer votre sujet et le défendre en commençant par la théorie

En reprenant le sujet « ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort », voici quelle pourrait être la théorie à développer (et à expliquer plus longuement en fonction du temps imparti) : « dans la vie, chaque fois qu’il y a un obstacle devant nous et que nous le surmontons, nous devenons plus sages et mieux armés pour affronter l’obstacle suivant ». 

Ensuite, il vous faudra un ou plusieurs exemples pour confirmer votre théorie. Vous allez donc raconter l’histoire d’un personnage qui est devenu plus fort avec les épreuves, peut être un héros, un personnage de dessin animé, de film, etc. Soyez original, racontez ses souffrances, ses combats, la manière dont il a trouvé la force de s’en sortir… Trouvez un exemple qui parlera à tout le monde et n’hésitez pas à mettre de l’émotion.

  • Une conclusion courte et efficace : Pour terminer un discours, vous devez trouver quelque chose d’original, de marquant, exactement comme pour l’introduction. L’exorde et la péroraison sont les deux choses dont le jury et le public se souviendront le plus. Vous pouvez trouver une citation émouvante ou une dernière phrase marquante, par exemple : « la vie est faite d’épreuves qui parfois nous mettent dans les cordes, nous font poser un genou à terre ou nous donnent envie de jeter l’éponge. Mais souvenons-nous toujours que chaque épreuve n’est qu’un seul round du combat de notre vie. Chaque round nous permet d’apprendre et de devenir plus fort. Alors ne cessons jamais de nous battre et de nous relever, car c’est le prix pour devenir sans cesse meilleur… ». Encore une fois, la conclusion ne doit pas s’étaler sur plus d’une trentaine de secondes.

PS : ne terminez pas votre discours par « voilà ». 

Travailler son corps et sa mémoire 

Quand votre texte aura pris forme, vous pourrez commencer le travail de mémorisation et d’incarnation. 

Pour incarner son personnage d’orateur, il y a quelques consignes simples à retenir : se tenir bien droit, rester sur place, avoir une gestuelle cohérente avec votre propos (sans exagération), regarder le public et le jury dans les yeux en passant d’une personne à l’autre. Cela vous donnera une consistance devant votre public qui aura alors envie de vous suivre. N’hésitez pas à vous entrainer devant votre miroir. 

Pensez également à travailler votre voix. Pour captiver votre public, vous pourrez en varier l’intonation, parler quelques fois à voix basse et d’autres fois assez fort.  Parler vite à certains moments et parler très lentement à d’autres, en fonction de votre propos. 

Faites ce travail en lisant votre texte au départ puis commencez à vous en détacher de plus en plus. Apprenez les paragraphes les uns après les autres pour les interpréter sans les lire. Vous n’êtes pas obligés d’apprendre par cœur votre développement, vous pouvez en apprendre les grandes lignes et le plan. Toutefois, il est conseillé de connaitre votre exorde et péroraison par cœur pour ne pas avoir d’hésitation face à votre auditoire. 

Alors ? Pas toujours facile hein… Mais pas de panique, tout cela s’apprend au fur et à mesure, c’est amusant et devient rapidement instinctif, même plus besoin d’y penser. Si cette méthode ne vous convient pas, complétez là, faites des changements et n’oubliez pas l’essentiel : intéressez votre public et progressez ! 

Rémi SALORT

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